être heureux effectivement consistait à glisser à la surface des choses, tant que celle-ci ne s’avérait trop rugueuse, ou carrément cédait sous le pas, hasardeux certes mais pas tout de même
une seule mesure allait tout ordonner, mais vraiment tout, régler dans le moindre détail et nous n’y verrions que du feu même pas, qu’un petit tas de cendres pendant au mégot de vivre, et de respirer pour autant qu’il nous restait de souffle
nous ne nous y attendions pas. il faut bien l’avouer nous ne nous y attendions pas. ainsi ne nous y arrêterons peu, le moins possible s’entend. quant à la suite, nulle illusion ne nous faisions, les désillusions elles-mêmes ayant capitulé face à tel désastre, à tel désastre en somme
dans les couches inférieures de l’étant nous ne parlons pas de destruction, mais de réorganisation du chaos, de restructuration du vivant. mourir s’appliquait à chacun et de là chacun pouvait se revendiquer une âme. une âme se paie de la perte de cette âme et ce n’est pas rien
un ciel sur trois nous donnait presque raison, nous accordait presque pardon. nous semblions si beaux dans nos habits de deuil, bien pliés bien rangés durant ce temps de la pluie d’à côté, ce temps où nous mations le corps nu d’à côté
un homme sensible, pas si sensible que ça, à quel point nous concernait. être heureux consistait à danser sur les tombes, à ricocher sur le gouffre funèbre et ces petites médailles qu’on vous agrafait au téton chaque fois que vous pensiez en avoir fait le tour…

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