noie le poisson et le voilà qui ressuscite, vague au dos rond, vent taquinant le
téton des cimes.
doux le naufrage certes, mais il faudra prendre garde à ce que ne
fuite le toit…
la maison ne représente pas grand chose: un tas de pierre sur un tas d’herbe mais c’est là que je vis, dans l’indétermination profonde
se rogner les ailes comme si c’étaient des ongles, se ronger les sangs comme s’ils étaient de corde, et la corde trop longue
nous ne nous parlons pas, nous nous affamons
un chien traversant la rue ne regarde ni à droite ni à gauche, d’ailleurs il ne sait pas nager
personne ne lui a jamais appris à nager
personne ne lui a jamais appris à noyer ses petits – il les noie malgré lui tentant de les sauver, car lui seule de tout l’univers
sait le salut
tu pourras me dire aime-moi, et je ne t’aimerai pas
tu pourras me dire prends-moi comme ci sur le côté, et je ne te prendrai pas
que les chemins sont longs, qui tournent indéfiniment en rond
sortie la tête de l’eau le temps était au sec, les lèvres mécaniquement réclamaient la sucée
doucement très doucement, comme on aborde l’air de rien, pour ne pas l’effrayer, un sac en plastique empli de vent, et partiellement déchiré
je n’ai jamais su m’habiller – même nu, je semblais mal fagoté
tant mon corps ne servait que de ligne de défense…

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