ça mange pas d’pain

  les hommes auront disparu que les grillons continueront de chanter. chanter, se frotter les ailes, se gratter le mollet mine de rien. pensé d’une tombe vivre semble inimaginable. juste un terrain à vendre, ou quelques mètres carrés de boue, de mollard et d’agonie…

  nature à demi morte, la morte à demi nue. tremble-moi, dans l’ordre du fémur tremble-moi. on s’expliquera après. plus tard. et tout redeviendra comme avant à supposer qu’il y ait jamais eu un avant, et un avant d’avant

  d’un chat perché la queue mouillée. et je n’sais pas vraiment si j’aime que tu m’embrasses. j’ai vu des hommes tomber de telle hauteur front contre l’air – la corde du milieu ne bandait plus grand chose. je reviens de partout vers le nulle part central, paradoxal, et même un peu bancal…

  qui se souviendrait de moi, et moi de qui me souviendrais-je – de tous c’est beaucoup dire, le manque marque infâme. mourir sera si simple dénouement qu’on ne comprendra pas en avoir fait tant d’histoires. surtout qu’elle m’aimait bien…

  on ne se reverra pas, et alors? les yeux sont accessoires, roulant leur bosse sur le réseau secondaire, et s’engluent de misère. les hommes ont les cheveux longs. alors les hommes ont les cheveux ras. seuls les poux savent la substance du monde, et sucent les écarts

  prête-moi ta main, ma chandelle est morte. j’irai faire un tour du côté des buttes-chaumont, comme ça me balader, transgresser le présent, et le confondre peut-être d’avec tes seins tombants, tes seins mouillés, les seins de fille-moi l’camp

ça mange pas d'pain

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