crescendo la torgnole

  qu’est-ce qu tu fais, bah, je regarde passer le temps c’est tout. passer le temps voilà. passer sur le côté, le bas-côté des choses. passer outre voilà tout. je regarde sans voir

  ceux qui souffrent se réveillent un matin. il ne faut pas le dire. il ne faut pas leur dire. la surface est si lisse qu’on la croirait dure. n’en voulons pas à ceux qui souffrent. surtout là

  il n’y en a pas. qu’ils gardent au creux de leur vide. leur vide sidérant. les yeux écarquillés de leur vide sidérant. moi ça me sidère également. tout comme leur façon de tourner en rond mais dans aucun sens. ça me sidère et d’ailleurs, il n’y en a pas

  qu’on aime au point de non-retour. le regard fatigué sans doute, les cernes sous la sève. mais un homme surmonte tout, c’est à ça qu’il se reconnaît homme. en haut c’est le point dont il tombe. et en bas ce n’est rien

  le vent sur un crâne rasé. j’aime ceux qui n’y connaissent rien, ceux avec lesquels il n’est pas nécessaire d’émettre un quelconque avis. j’ai délié le cordon de ma bourse et tu en as profité, en as profité pour jouir un peu. il faut bien jouir un peu

  tout le cercueil est là, dans un sens vertical. parce que c’est à la verticale qu’on rejoint le ciel, l’homme est l’être vertical. ainsi va l’être vertical, il paie cash. son cercueil vertical

crescendo la torgnole

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