l’amour étanche

  l’eau rouille, regarde-moi dans les yeux. vraiment dans, les yeux, et pas juste les yeux. je dors le plus loin possible de moi-même maintenant, j’évite les courants d’air froids

  as-tu seulement poser la main sur moi pour en chasser le doute, en dissoudre le vide et me garder dans le giron vivant, étant dit parmi les vivants, ces mêmes vivants. qui un jour me crièrent allez saute, eh t’es même pas cap’

  depuis longtemps la nuit est chose à prendre avec des pincettes. la nuit dedans. la nuit noire du dedans. et c’est dans le noir qu’on voit le plus loin, le plus effroyablement loin. soit dit en passant

  la misère est humaine, mais seulement si elle paie son verre. ou qu’elle boive au goulot, je le crains. et passe de main en main, sans filtre, sans préservatif. la misère humaine ne se lave plus les dents

  ne m’oublie pas. laisse-moi traîner quelque part mais ne m’oublie pas. au fond d’un sac ou quelque part, vibrant désert. il arrive que l’on s’oublie et que le reste ferme en même temps. que l’épicerie ferme en même temps

  quel saccage. et quelle mesure dans le saccage. d’une beauté confidentielle je ne remarque rien. je reste à tes côtés pourtant, je reste à tes côtés. malgré ça je ne représente rien

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