m’aimeras-tu mendiant baveux, tout biscornu?

  de quelle vache es-tu le gardien, de quelle contrée le trou de serrure, le regard sec. tu te présentes à moi sous l’instinct d’une fille et moi tu sais bien je ne lis pas de livres – je ne lis que les lettres qu’on ne m’envoya jamais, et je n’ai pas déboursé le prix d’un timbre toutes ces années durant, ces années durant lesquelles, et ce n’est pas fini

  elle s’y prête à moitié. c’est comme si le cancer m’avait déjà bouffé un sein, et le truc du coup c’est, mais à quoi peut donc servir l’autre désormais. désormais tout est nickel, raide mort mais d’aspect net, courtois. je te suce le nez tu ne dis rien, je te suce la bouche tu te retiens. nos bouteilles sont vides, brisons nos bouteilles vides

  un homme disait tout un tas de rossignols là-haut au petit matin, et ma femme ne jouit pas. je jouis tout seul dedans et c’est bien triste, mais là-haut si haut, dessus des gens de la plaine au tout petit matin, c’est dingue, cette pagaille de rossignols

  tu as bu dans mon verre. c’est que ce n’était déjà plus vraiment mon verre. dans mon verre trempe un cloporte, un unique cloporte. un cloporte très vieux, déjà. tel un marrant éjaculant dans la dentelle, le dire mort ou vivant ce cloporte, qui l’oserait? je me mets à ta place – par pur bonheur ou par simple hasard la place est libre, vacante

  jusqu’à la nuque aller-retour. le capital décès. tu peux raconter ce que tu veux maintenant, tout ça ne compte plus. lève les bras au ciel si tu ne crains pas les chatouilles. lève les bras au ciel si le ciel ne craint pas les chatouilles. dieu le marteau et dieu la pince. dieu la croix dieu le gitan. dieu la résurrection, et nos provisions de nougat…

  de toute ma salive, j’ai fabriqué un plongeon – suis-je un trou, tout être ne renferme t-il pas l’abîme, puits de nescience, acropole inversée. tout être ne se transforme t-il pas
  en crapaud dès qu’on lui pisse dessus
  un baiser mal claqué? et alors tout reviendra ce qu’il n’aura jamais cessé d’être: regard oblique, message non reçu que dites-vous, répétez je vous prie, message non reçu

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