tout ce système nerveux

  elles m’ont dit
  que le jeu n’en valait pas la chandelle, que
  je ferais mieux de rentrer chez moi, retourner d’où je vais, n’en parler à personne, alors elles m’ont dit
  de ne pas faire de bruit, de ne pas ébruiter l’affaire, que tout ça passerait, que tout passe, que la résurrection enfin
  n’apporte pas les beaux jours

  l’ennui c’est une souris
  morte depuis des années, et dont je conserve le corps tout au fond du casier. l’ennui
  meurt avec moi. l’ennui ne me dit pas bonjour, ni bonjour à personne. l’ennui chie par le nombril
  pas vraiment du persil

  ce qu’un homme est heureux, il faut le rendre heureux
  pourrir sa vie ne lui rendra pas ses rêves, pas plus que pourrir son matelas ne lui allégera le sommeil
  car le sommeil a été abrogé
  de toute part, en tout pays et de tout temps, le sommeil ne marche plus

  conforme à ce qu’on n’a jamais attendu de moi, près de revivre un peu – elles ont dit
  ne te cache pas derrière ton petit doigt, derrière ton gros doigt non plus, ni ton orteil
  c’est la forêt qui cache l’arbre, la mort qui te protège
  elles ont dit de ne pas y aller voir, que je n’avais pas à fourrer mon nez là-dedans, ou autre chose
  elles n’en référeraient pas, pour cette fois

  tout cela va mal finir, qui finit mal déjà, toujours mal. ou si pas toujours, du moins la plupart du temps. et la plupart du temps c’est déjà beaucoup. beaucoup trop même
  alors je lève un pouce, voir ce qui peut en advenir
  s’il n’en advient rien, admettons qu’il n’en advienne rien, je pourrais toujours essayer
  avec l’autre pouce

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