vastes territoires. territoires blind

  il y a là quelqu’un, quelqu’un
  qui n’ose se dire personne
  on en ouvre un dedans ses bras: c’est un feu-lieu
  une histoire de compas
  je ne m’aime pas dedans, je ne m’aime pas
  dehors non plus je ne m’aime pas
  j’y laisse des traces, stigmates de l’absence
  tags de pur ennui, minuscules billes bleues
  de la dératisation

  contre toute attente aime-moi
  et l’attente a le dos lourd
  des piquants imperceptibles à l’œil nu
  l’odeur d’un cahier de mots léchés, croisés, pipés
  dans l’air le plus précieux j’encule un cheveu
  tu me demandes comment je fais, ou comment je m’y prends
  pour enculer un cheveu
  sans même souffler dessus

  l’étroitesse de l’esprit on s’y morfond
  un homme bat un homme – aux cartes, aux dames
  à la matraque
  y a t-il une marge à tout, oui mais y a t-il une marge absolue
  une marge totale, qui ne soit
  la marge de rien, une marge au vide
  sans faire exprès, je marche dessus

  petit tour canapé, allez hop, petit tour canapé
  y a qu’une chaise dure
  dure au cul, dure à la longue
  je n’attache guère d’importance
  en général, ou par principe
  quand un enfant casse son jouet, il pleure
  un homme, pareil – nul ne mérite ça

  mourir épuise
  j’ai donc fait quatre points de suture, comme quatre vis au cercueil
  afin que de l’horizon, le ciel ne se déboîte de la mer
  mourir épuise, mais là n’est pas l’essentiel
  ni les points de suture ne referment la plaie
  la plaie ne se referme pas
  ou alors sur rien d’autre que moi

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