le brame du cerf-volant

  il s’enracine dans
  le néant profond,
  le néant profond où
  nagent les têtards
  . il ne faut pas
  pleurer

  qu’il pleuve ou bien qu’il pleuve, un seul vivra debout
  rame à la verticale
  et les cheveux mouillés

  quelque chose, là
  sur terre ou à côté
  en plein nulle part je crois
  quelque chose
  rien
  nada
  . l’anthropocène

  indépendamment
  du temps qui passe, pierre à chagrins, mon lit
  fané de roses
  rentre ses crocs

  présuppose un ballon, lancé
  vers le fond du jardin.
  présuppose un enfant, clouté
  à la porte des brumes
  . ne rentre pas ce soir

  il s’en fout, il ne
  fait rien de sa vie, dans sa vie
  ni de son temps, il ne
  s’appartient pas, ne lui
  appartient rien, il s’en
  fout: il souffre
  un point c’est tout

le brame du cerf-volant

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