les habitants qui s’demandent quoi

  les chemins m’emmènent loin mais guère plus loin
  que ne m’emmènent les chemins, et quand pleurent les hommes, les bêtes les nourrissons
  et quand pleurent à leur tour par exemple les femmes, les chevaux les sangsues, reprenant le
  flambeau veuf – chacun son tour c’est comme ça, comme ça la ronde, la ronde tourne c’est comme ça et
  tout au milieu, seul au milieu:
  le mouchoir mouillé…

  je pars comme je pars, comme toute histoire en queue d’poisson
  se tranche une veine, aspire un cachet libre j’entonne
  un petit requiem, un soupçon de mouron, il ne m’arrivera plus
  de crier sous les toits, bassement sous les toits

  fuir ne se commande pas – la mort s’improvise, à fond elle s’improvise
  cet espace infini où nul ne m’attend décidément me tente, je pars sans couche
  sans carte interactive
  :je sais que je vais mourir
  d’un soleil en plein cœur

  je me détache, de dieu même je me détache, l’ivresse en toute chose explose toute chose
  j’ai des tout petits patins à roulettes pour naviguer sur le grand océan – je suis un homme
  sans garantie, sans certitude, un homme n’est pas coutume il va sous
  la pluie qui pleut quand pluie il pleut

les habitants qui s'demandent quoi

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