je ne supporte sur mon corps d’autre poids que celui de l’air
déplacé par l’esquive d’un regard je suis l’amour impur, forcément impur
impur puisque amour, je ne supporte sur mon corps que l’ombre
de ce qui n’a pas été, n’aurait pu être combien même
il l’eut du
sous le seuil de pauvreté mais
fenêtres grand’ouvertes au bénéfice du doute, au bénéfice
de toute dent chancelante, le poumon déchaussé et les chemins de ronde
sur l’œuf fragile
fragile existentiel
hors-mode un chien crachait ses dents, poil hérissé, bavant de rage
la pureté sans antécédent n’existe pas, le mal
me lave, lave mon dos
lave mes pieds
lave mon sexe
– ne reste qu’une voix, innocente à force de n’être
qu’une voix, auréolée
y a t-il seulement un espace où grandir, la hauteur d’être grand – non de soi mais de l’être, quel que soi?
les ailes au dos
du plongeon dans le vide, la merde au cul d’la vache, m’entends-tu camarade?
camarade m’entends-tu?
comment survivrons-nous sans défaillir
dans les bras l’un de l’autre?
c’est à la marge que tout bascule, la part occulte, en ce temps où rien ne passe
que le temps: il m’attrape la main, il me lâche la main c’est dans la marge
que tout vacille et que chacun, socle d’un pas, clé d’un possible, rebrousse poil
poil et chemin…
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