leur penchant guillotine

  j’admire un portrait tout craché, je suis
  l’homme qui ne te ressemble pas or l’homme
  ne se ressemble pas:
  un vase lacrymo
  un peu plus encore
  un graal lacrymo, ta vie
  vient d’être couronnée dame-lacrymo
  à l’humain sans pareil…

  j’encule un ch’val, mais quand je dis j’encule un ch’val, c’est que le ch’val
  n’y est pas.
  au garde-à-vous tu te rends compte, au garde-à-vous tu t’imagines – j’ai
  les mains sales d’un SDF, j’ai
  les pieds sales d’un SDF, j’ai
  la queue sale d’un SDF, j’ai
  le cœur de tout le monde je te jure, le cœur
  de tout le monde ad nauseam

  un pays qu’on enterre, un pays
  au ras des pissenlits – les gens
  n’y dansent point
  et c’est pas la tête dans l’guidon qu’on verra l’horizon, se consolent-ils
  trépignant sur leur chaise
  et levant le verre vide
  à leurs lèvres gercées
  toutes sèches
  toutes creuses
  toutes mortes à présent et si sèches
  incroyablement sèches
  et en larmes

  poison d’avril, poison de mai, poison de juin
  tu ne me détourneras pas
  de la voie sans issue, l’impasse majestueuse
  j’ai le coude fragile, tu le sais
  j’ai le coude fragile, et la soif en roue libre

  la mort avait la joie, et la joie le lui rend.
  je marche toujours à l’envers toujours, je marche encore
  et encore, on croirait
  que je ne dors plus, tellement j’ai les ongles, les cors
  qui dépassent, dépassent de mon corps
  et d’un puits si profond
  qu’il ne renverse rien

leur penchant guillotine

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