vox parturientis

  à ciel ouvert
  à ciel, désespérément
  ouvert
  sans crier gare
  ni famine
  les gens s’arrêtent, quelqu’un s’arrête
  sans crier gare ni famine
  à genoux sur un rail
  deux rails
  entre
  les rails

  dieu sans descendance, condescendance
  pulsion morbide, erratique méandre, un sexe
  en transe
  dans la bouche lactée du néant
  et il n’en reste rien, rien
  qu’un refrain sans les notes
  les paroles
  ni le timbre

  ma p’tite machine mais elle t’a dit comment elle marche ma p’tite machine – je mets un
  jeton dedans la fente, un jeton c’est parti, reparti, l’accor-
  déonisation d’une âme en la mineur et c’est parti, c’est reparti
  avant même que d’avoir
  décollé

  mariée, pas mariée
  mariée ou pas mariée
  mariée ou pas –
  un homme, parfois
  se sent si seul
  qu’il se rêverait femme
  animal
  petit vent froid contre n’importe quoi, contre la porte
  d’une grange pour souffrir, ou sur les tombes serrées
  les unes contre les autres comme si les morts
  entassés, alignés, se caressant la joue, le tibia
  pouvaient se tenir chaud…

  tu ne me pleures pas – quelle veuve
  es-tu donc devenue
  et rebelotte. j’ai envie
  de sourire malgré tout, et cela même
  et en raison duquel
  je m’apprête à mourir, relativement et m’apprête tant et tant
  que j’en suis toute nue
  et si nue devenue
  que j’y passe mon temps – c’est dire
  à quel point je suis lâche

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