j’ai vu un ours se dandiner parmi les hautes herbes
je me suis reculé jusque derrière l’écran
jusque derrière l’esprit
toutes les langues sont étrangères. toute mère étrangère de même. j’ai vu
un ours se dandiner
parmi les hautes herbes
étrangement, pas besoin de visa là – mais où creuser sa tombe ?
partir en fumée rejoindra t-il le ciel ?
j’ai mangé d’la mort, mangé d’la mort
maintenant j’aimerais bien que quelqu’un vienne me pousser
à la balançoire…
tout ça pour quoi, une plage sans slip
des discussions à n’en plus finir avec un sensible horodateur
arrive t-on jamais où que ce soit quand on revient de loin, de si loin qu’on ne revient plus de nulle part ?
entre deux eaux tranquilles, un os tient le guet
je ne m’aborde plus
que par la face nord. celle au regard vide et froid
au bosquet de bouleaux que toute pitié a déserté
et là je claque des mains
des dents des mains je claque que veux-tu
c’est bien le minimum
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