éternité coma zéro

  petit trou du cul vas-y, petit trou du cul monte au créneau
  ta famille te dit, allez casse-toi d’ici, casse-toi de là, moi j’aime la police
  la raison d’être n’a pas toujours tenu
  ni la femme nue, la mal-venue
  enceinte de ses règles

  j’avais couché avec ta sœur, j’avais couché avec ton frère, j’avais couché
  avec chaque bâton de la roue
  c’est triste
  c’est triste quand on y pense
  alors on s’efforce d’y penser
  encore et encore

  ta nuit c’est une crapule, et aux crapules on leur fout
  des gouttes dans les yeux. on leur verse du poison parce que le poison elles aiment ça
  je me remets debout. je me remets à marcher. la tête haute
  seule m’aime la mort

  un petit coin tranquille, très tranquille, là au bord du cloaque
  rien de très compliqué – un abcès rudimentaire
  on ne vaincra pas le temps
  la mort ne nous bernera bien longtemps
  on fera les cent pas. les cent pas ça sert à rien. on fera les cent pas pour rien

  toute la vie je t’ai aimée
  et toute la mort aussi
  maintenant que finissent l’une comme l’autre, je ne sais plus quoi faire
  mais ne-sais-plus-quoi-faire ne me laissera pas tranquille pour autant
  alors je perds mes bras. d’abord mes bras
  puis mes jambes. ensuite mes jambes
  : je n’accepte qu’une vérité en laquelle nul ne peut croire…

éternité coma zéro

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