secoue-moi
il en tombera peut-être des prunes, ou des ballons morts
on meurt plus profondément tout seul
plus loin en mer
dans l’horreur de la mer
– vraiment pas le moment de penser aux grenouilles…
une unité merveille, une mansarde à l’ouest
je ne m’habille en rien. c’est le carnaval des morts à moitié
des morts en chemin
si secret qu’on peine par ailleurs à le divulguer, petite bulle avortée
j’assomme un cochon – que voulais-tu que je fasse ?
on marche en soi, comme si on allait jamais revenir quelque part
si je lève les bras je m’envole, c’est risqué – comment en effet de là-haut, tout là-haut, résister à la
tentation de s’écraser ?
du coup je baisse les bras
mourir sans combat. les chiens jouent dans la boue
s’oublier enfin. se poser la main sur l’épaule
se gratter, si gratter nous soulage
ou se redire adieu, encore et encore
vider tous ses cartons
soutirer le feu à la flamme, et il en reste quoi – quel genre ou quel
spectre d’éternité ?
j’avance sur place, dans une verticalité d’opérette
et quand tombe la nuit, c’est sur elle-même qu’elle tombe
– l’infini sans issue ou simplement grenouille
assise sur un échiquier…
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