j’attends le miracle; j’épie
que le miracle se produise ne fait aucun doute, mais saurai-je avant tout le distinguer, le reconnaître comme tel dans la foule des non-lieux et faux-semblants égrenant les jours sans?
le miracle est permanent – seul le regard glisse et ne se pose pas…
tout tourne, le vertige arrache ma chemise, déboulonne un cercueil
il n’y a plus rien à dire de soi, que disparaître dans un effet de miroir dévoyant, renvoyant dos à dos l’essence
et le lacet défait…
elle regardait ailleurs. elle ne m’a pas vu peu à peu m’estomper derrière elle, se rassurant de ma simple image, papier froissé, glacé décoloré
elle perdait l’essentiel pour d’insipides babioles…
il n’y a rien là-dedans qui soit pour moi. j’ai du avaler toute une route, et jusqu’au moindre gravillon débordant sur les champs…
on ne se reconnaît pas. on ne se reconnaît plus. on passe la main au travers du visage mais c’est une manche sans bras – pire même et par l’endurcissement des cœurs: un homme sans accent…
eurydice à la mort
vouée non par un serpent, mais de ne t’être pas retourné, ne pas l’avoir contemplée ne serait-ce que dans le cadre du petit miroir de lune que l’on porte par précaution en lieu et place d’un troisième œil et qu’on finit par rendre et jeter
au courant des nuits froides…
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