nonobstant rien

  n’attendre plus rien accroît la peur, écartant les diversions
  personnellement, je me fatigue à ne pas divulguer
  poser à la fenêtre, c’est déjà ça
  quelque chose, ça

  d’avant la fin le cœur s’éloigne. le reste stagne, en avarié
  une blague ne réduira pas la cendre en poudre, fut-elle de perlimpinpin
  on n’a plus de prétexte: ne servir à rien ou ne rien servir
  jaunit d’un côté les dents, de l’autre les blanchit

  ce qu’il faut d’oubli pour ne serait-ce que se maintenir
  à la surface du vide, du vide sans autre
  surface que nous-mêmes, portés par notre propre idée,
  clapotis de la fausse évidence

  plus qu’un sommeil levant
  au-dessous de nous bâille la mort, nausée ambiante
  quelqu’un se retourne et s’étonne: tiens, t’es encore là, toi
  ce qui se tient debout ne le fait que sur une seule jambe
  je n’aurais néanmoins rien appris…

  avoir à être là, pénible procédure
  à faire face, trou contre trou
  j’ai fini par manger l’aquarelle. le sable est dans la tête
  la tête est dans la tête
  en sortir reste dans la tête
  et j’ignore comment tout cela finit donc

  je m’en fous je tombe de l’autre côté, frontière instable
  miroir sans surface
  il paraît même qu’un jour sans dent, plutôt frileux
  rien ne m’empêche, rien ne m’empêche et cependant rien
  ne m’autorise

  quelque chose entre dormir debout et se coucher assis
  va et vient, de long en large, tangue entre soi et s’interroge:
  tout ce qui n’est pas soleil serai-il
  donc déjà mort ?

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