le pommier vide

  il ne me plaît pas de te regarder en face
  transcendant récidiviste, petit chien rase-partout
  et pisse-debout

  il y a une horloge à chaque mur et certaines fenêtres sont des horloges à part entière.
  elles (qui d’autre?) cassent leur jouet en mille morceaux, affligeante multitude
  elles baisent le bitume

  calibre ton mouchoir, à la mesure de ton renoncement.
  le reste du temps reste chez lui, non, oui, chez toi, en lequel tu marches à l’envers, cent pas à pas
  n’est pas d’accord

  ni un mur ni un gouffre (μπρος γρεμος και πισω ρεμα), le mur suspens de dieu.
  le quotidien végète, déambule crâne rasé, mange des nouilles
  et lorsqu’il ne pleut pas, lorsque d’un jour s’en tape on oublie
  le mot de passe…

  je viens couler ma vie dans un parfait néant
  m’appelle une femelle, me fait toc toc toc à la vitre blindée
  la voix ne porte pas, qui traverse d’un trait le vide sans ciller

  ils (mais qui donc?) reviennent ailleurs, d’ici vers l’ailleurs, traînant derrière eux l’idée d’un retour impossible
  il manque quelque chose, comme du sucre au malabar mille fois remâché, une ouverture,
  quelque chose qu’on ne salisse pas

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