un chien parmi un chien
se retient de l’aboi. qu’il est étrange
de vivre, plus encore d’y penser – je ne suis
l’homme de personne, et c’est en l’homme que je ne me reconnais pas, et c’est en dieu que l’homme
se reconnaît en moi
lequel n’y ressemble
je ne me parle plus. ou alors de travers, à tâtons et en off
je suis seul à présent, et pour l’éternité seul – j’ai trop mal pour mentir, trop tort pour avoir mal
un chien m’a crevé l’œil ce n’était pas
un chien d’aveugle cependant
depuis la mer on voit la mer, or la mer ne veut rien, aveugle et sourde à toute douleur muette ou perçante
la douleur est le seul contact authentique que je puisse établir avec moi-même: la douleur ne ment pas
dieu-le-sans-douleur douloureusement s’épanche sur ma douleur, ainsi suis-je la douleur d’un dieu qui ne connaît la douleur qu’à travers moi
du coup je dirais pas que ça se fête, mais quand même…
un chien me crève un œil, je lui tends l’autre: qu’ai-je besoin de voir?
que tout vaut d’être vu n’implique pas que voir vaille quoi que ce soit, alors je pisse un peu partout, au hasard
un peu à l’est, un peu à l’ouest
sur un genou de femme ou contre un mur de briques
un peu par terre en me grattant la couille
un peu en l’air aussi…
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