un monde à l’agonie

  solides balançoires, légères balancelles
  ne se
  balancent plus.
  par en-dedans s’ouvre
  une tombe, un béant précipice
  on se penche et on y pisse

  on ne se mange pas
  entre amis, entre femmes assises, filles d’un jour ou d’une nuit.
  quelqu’un cède enfin
  la place à l’infini mourant, l’éternel
  résurgent
  – bref sauve la mise

  petit homme malingre, en arrière plan.
  sur le devant d’la scène: rien
  qu’un faible
  gémissement

  je n’ai plus grand chose à voir avec tout ça. je suis le corps et l’âme d’un suicide
  bien plus vaste que moi, l’interprétation d’un sol foireux.
  s’amoncelle le sable dans ma bouche
  et tout entier je crisse

  sur quel pied danser. non, même pas danser, seulement s’appuyer,
  rebondir sur autre chose
  qu’un incommensurable vide –
  parce que le vide il est comme ça: proprement
  incommensurable

  oui qu’on m’apporte de l’eau:
  sale, je la purifierai
  propre, je la souillerai.
  qu’on m’apporte de l’eau, dis-je
  et qu’on ne s’avise pas de demander si c’est pour la soif
  – moi n’aura plus jamais soif!

un monde à l'agonie

Published by


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *