s’il n’y a pas de néant alors qu’y a t-il, et qu’est-ce que ce qui est? cois-tu vraiment que les poissons ne savent pas la mer
et nagent pour nager si ce n’est dans la mer?
d’un coup de rien je saute hors l’eau, dans une forme plus épurée du même
j’ai du mal à me rendormir – m’assaille je ne sais quoi, la franchise d’une ligne rouge, l’idée d »inconséquence
je ne doute pas de mon existence propre, et donc en dernier lieu de la réalité en soi, ou en tant que telle et telle que moi: je doute simplement
pour douter, comme il n’y a pas de sang
sans saigner
qu’elle est étrange, cette joie d’exister envers et contre tout. j’embrasse sur la bouche un blême suicidé
ne te soucie pas, petit père – toute vie ne se résume t-elle pas à un
suicide manqué?
je colle à ta bouche ma bouche herméneutique: que craches-tu, quelle langue visqueuse – que donc me
recraches-tu dans la bouche?
je lui parlais de cela elle entendit tout autre chose – d’ailleurs de mon côté je ne comprenais rien de ce qu’elle
me disait, ne m’en sentant pas concerné. à quoi servons-nous donc, et si à rien, à quoi bon en parler et se fourrer la langue
ou quelque autre mollusque
dans la bouche, ou autre trou?
j’avais un panier sur la tête, un panier c’est tout bête – tu as vu
le panier sur la tête, pas le crabe
ni la moule.
la moule a parlé elle a dit pas chez moi – d’ailleurs je
n’habite plus chez moi
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