l’unité du vivant

  chienne de vie, pomme de basse terre. l’amour plus que jamais sort de terre et c’est d’en bas qu’elle prie, une rêche couverture recouvrant ses épaules maigrichonnes. oui on sortira nos mains de nos poches immunes, on se dégourdira les pattes en fumant des clous d’impures rêvasseries. on ira boire un coup ça s’trouve, et on s’interpellera les uns les autres par des noms interchangeables, même si d’essence atemporelle…

  ne me meurs-tu pas pendante, à la courte échelle ou selon des vœux tenus
  rigoureusement secrets, tu sais que tu n’atteindras jamais le terme de tes jours: on meurt avant la mort, rendant nos yeux à une vision
  radicalement alternative – il y a des gestes pourtant, tout simples
  qui nous rendent vivants, et qui parviennent ne signifiant rien
  à aggraver le réel…

  personne ne s’est mis au travers de ma route – ni le pont ni la rocade, ni le ventre féminal qu’on transgresse à cloche-pied
  rien ne ressemblant à rien il arrive sans doute qu’un œil s’ouvre sur un œil à son tour, et si franchir ce seuil
  est à la portée d’un mort exactement, quoi que j’en pense je ne suis pas
  mort ou encore – c’est quelque chose
  hors de mon champ vois-tu

  acculé, retranché, fourrant tout le ciel possible dans le corps d’une sirène empaillée
  sachant qu’elle était un peu nous, nous étant un peu elle, et qu’elle avait perdu la garde de son enfant parce que toi, se disait-elle, t’as une folie magique ma fille, une
  négligence de reine…

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