à quoi ça se joue, et de quoi ça on parle?

  mille bornes de fatigue, et toujours ce matin froid, odeur d’herbe fraîchement coupée, d’aube désenclavée. on se dit qu’on n’a plus le droit, non seulement à l’erreur, mais avant tout à la vérité, et finalement donc à tout droit que ce soit

  assumer l’irresponsabilité c’est ça. quoi? ça. graver son nom dans l’air du temps, s’embarquer dans un truc qui fait pshit. ne rien assumer bien-sûr – il est déjà assez tôt comme ça et il faudra rattraper notre avance. par l’attente, par la tête qu’on penche et l’absence de réponse fermement apportée
  à l’absence de question

  qui mal y croit mal s’y endort. qui reçoit un courrier par la poste, un bout de souffle en bout de course. le vide en chacun finit par le rendre limpide, par susciter un regard sur soi rescapé de la fabrique des rêves. et qui mal y danse, manigance et prétend manipuler le réel quand la main refermée sur sa prise ne se rouvre que
  sur elle-même, le vide en soi, main de sable s’écoulant sur le sable de la main, c’est épatant!

  j’asperge une grosse. c’est de la vie qu’on parle et si on parle de la vie on frise l’absenthéisme. prétendre décomprendre, ou simplement se dessaisir, rétablissant l’ordre clair du principe sui generis, océanique dégradé, marche devant camarade essuie la pluie, la tempête, la tache imbue sous la chemise – le temps
  passe le temps
  à reculons…

à quoi ça se joue, et de quoi ça on parle?

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