c’est une dure journée
un jour dur de janvier
si peu de vivant pour tant de mort
et le vivant souffre du froid.
le temps nous sépare de la mort et de nous-mêmes, morceaux épars
débris d’orgasme
c’est une dure journée
il faudra, quitte à ce que,
la recommencer
les orphelins aux doigts rouillés, leurs mains molles
yeux sur la route, route déborde
un nom continue de sortir, maigre vomissure. un chien ronge sa corde, un cheval son mors.
dieu ne suffira pas
à m’apaiser
me consoler
me réparer
– m’absoudre…
la porte s’ouvre – il faut
que la porte s’ouvre, c’est une question
de respiration
de circulation.
j’entends un mort et un mort vaut un arrêt de car. un souffle vient de la mer, on rentre la tête dans ses épaules
ça ne protège pas vraiment
à partir de je ne sais quoi ni comment, rien ne protège de rien
à peine un souffle…
on ne parle plus au frère comme on se parle à soi – on passe à autre chose, et autre chose toujours
nous renvoie
à notre propre absence, dessus laquelle on glisse.
parfois un genre humain
nous hèle de loin, d’un signe étrange de la main
sans raison apparente avons-nous fini par lâcher
les couilles du destin
je n’habite nulle part – qui donc m’a conduit là?
qui donc hésita
entre moi et l’anus, l’anneau marial
et le vomissement éthylique?
nos sexes pleurent, il arrosent les tombes, les tombes de nos frères, frères d’un jour en hiver.
quoi de neuf parmi soi, quoi de vieux?
tu ne me
regretteras pas
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