ils hissent des drapeaux rouges, suçotant des dragées hautes
un jour je me marierai mais je ne me marierai pas avec toi, ni avec quiconque, parce qu’outrepassées, les peurs-paniques que nous embarquions aspirent
à autre chose…
les tombes s’entassent, les cendres se dispersent, la bouche fluide d’une fille aménage un espace à la dépossession radicale
perdant quelque chose mais ne perdant rien du tout, prendre conscience finit par signifier n’avoir conscience de rien
on s’habituera à ne marcher que sur une seule jambe, à déambuler le soir sur des routes plus désertes qu’à leur tour, réseau secondaire d’une détresse hors norme
laisser une trace, décongeler un orgasme – notre héritage se constitue de dettes
je jette une pierre: d’ici à ce qu’elle retombe son ombre m’aura convaincu de l’inanité de tout pas de côté, cynique propagande…
s’effacer devant dieu, s’effacer même en dieu – transfert intégral
si cela ne tenait qu’à moi, qui ne tient à rien, il n’y aurait
que néant, c’est à dire n’y aurait rien
je n’aime pas assez pour supporter telle souffrance, ou plutôt ne souffre pas suffisamment pour enfin
consentir à aimer
ma voix ne m’appartient pas. par quel méandre revenir au temps d’une voix n’appartenant plus qu’à elle-même, exténuée, extrudée, ex-
filtrée…

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