les hommes font ci les hommes font ça, mais en fait même pas
je bande à ton passage, j’ai tout le reste du temps
pour débander, déboutonner, parfois me demander
quelque chose
je marche comme je marche, plus ou moins droit, présumant
vaguement d’une issue
s’il n’y en a pas ça n’fait rien, on rebroussera
chemin, ou autre chose
je veux bien que l’on m’aime mais pas trop
ou pas tellement
un jour ça change rien
là où la mer éclate, je ne suis rien
et où je me contente de n’être rien, la mer se calme
on ne peut pas être vrai on ne peut qu’
être déshabillé de son mensonge, violé en quelque sorte, trahi en son âme
on ne peut que se trahir, se dénoncer
à sa propre, très propre pulsion
de mort
j’ai ramassé un chien dans la rue et depuis il me suit partout
je crois qu’il ne répond
qu’à mon nom, moi qui ne réponds
à aucun nom
tu me dis je suis chienne, je te réponds je suis de mèche – mais tu me dirais n’importe quoi je
te répondrais n’importe quoi
un jour j’avais une huître dans la bouche
ou carrément c’était la bouche qui servait d’huître
la mer n’est jamais loin, l’au-delà borde l’ici, l’éclabousse même
je me mets un bavoir – par précaution d’abord, mais surtout parce
que c’est plus propre

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