l’inuit

  j’irai cracher mes dents, chier ma langue dans ton trou o dieu vagin fétide, des fois je me sens juste au fond de toi tel un
  stérilet désappointé

  mais pourquoi mon amour, pourquoi ne veux-tu pas
  faire
  partie de ma famille – est-ce parce que
  je
  n’ai pas de famille est-ce parce que
  je
  mange tout seul
  et dans mon trou, si profond trou
  tombe dedans, dedans tout seul?

  je mange pas d’os, ronge pas mon frein – j’aime pas la viande
  un temps me maltraite, foutu temps, je le traite de
  foutu temps, il me crache à la gueule
  il me crache tout l’temps, que veux-tu, que puis-je faire, je me trouve tout
  nu, nu dans le glaire

  j’apporte un espoir – à toi
  de le réanimer, néant
  souffle sur les cendres, néant, et prends en plein le nez, plein la vue
  une bouée ne suffit pas, siphonner l’océan ne suffit pas, pleurer
  n’est pas assez
  je remonte mon slip, et droit devant je vais traversant
  la foule

  je n’irai pas plus loin, je tombe dehors
  la nuit nettoie tout
  marcher main dans la main, dire qu’on marchait
  main dans la main, le dodo clandestin
  un cyprès a poussé, très haut cyprès – plus l’arbre monte, plus la voix
  porte loin

l'inuit

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