létale pichenette

  ceci est mon nom et mon nom dénomme un sadique hargneux
  je tire le rideau pas tout à fait à fond, laissant le lai d’une lueur pour me repérer la nuit, m’orienter au cas où le mal reviendrait…
  toute une vie à rêvasser, cauchemarder, casser du néant entre ses petits doigts de sable sous ses ongles rongés, rongés rongeurs, intrépides zéboueurs
  je lui lèche aussi la cuisse un peu, dès fois que…

  séduction maladive. ils et elles puent le sexe à plein nez – et c’est encore là qu’ils et elles mentent le moins
  rentre bredouille un sexe d’on ne sait où – probablement d’un amour qui
  ne s’y entend pas

  je marche et malgré moi je marche
  tu marches, et malgré moi de même, tu marches
  des milliers de corps nous cernent, nous frôlent nous assaillent, remettent nos pendules à l’heure
  à l’heure de la peur qui hérisse, des gouttières qui fuient
  à l’heure de plus d’heure du tout, la fameuse heure en rade
  à l’heure où je te parle tu meurs
  à supposé que tu en aies le temps…

  abstraction faite du col du fémur, il me dit mais c’est quoi ce truc-là, cette boîte à souvenirs sans souvenirs dedans – c’est ma vulve à broyer du pop-corn connard, et à le recracher mâché dans ta putain de bouche
  puis elle s’endort d’un coup, si frêle architecture au pied de l’ascenseur en panne…

  je m’imite mal et c’est à cela seul que je me reconnais – ce défaut-là, pale claudication d’un fœtus mal poussé
  les voix audiogéniques s’enfoncent comme dans du beurre, branlent la cervelle, la sidèrent, on peut plus s’en défaire
  alors on se retrousse les manches et on se fout des beignes en plein son propre visage, jusqu’à tuméfaction
  tu viendras donc et tu essuieras le sang de tes gestes lents, doux et assurés
  moi je ne bougerai pas – je resterai assis là, vide lessivé, évacué
  de tout mystère

Published by


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *