je ne suis là pour rien. où que je sois, je ne suis là pour rien. nulle part ne trouvant place, n’accueillant nul lieu. il n’est pour moi d’autre refuge, d’autre issue que le néant. le néant est
résurrection
je donne un signal de haine. pas de celle qui pourrait s’assouvir d’une quelconque destruction, transférant son désir d’anéantissement sur un bouc émissaire, mais d’une haine ne pouvant se rassasier que de la disparition totale, au-delà de son objet, du sujet-même de cette haine. le néant est
délivrance
où ai-je envie de dire adieu à dieu? sur quelle pathétique route de campagne, vladimir en mode mineur, sous quel ciel chancelant? ne s’agirait-il ici que d’un ultime
recours en grâce?
pierre pomme purée. à cet adage semblent se réduire mon existence, ma personne, mon petit train de nuit
ma télé est morte
l’image, le son… kaputt!
j’ai bandé les yeux à mon chien et l’ai abandonné sur la livide nationale
puis à mon tour j’ai fermé les yeux, serrant très fort
il ne s’est rien passé
il ne se passera plus
jamais rien –
morte est ma télé
faut pas dire que se mentir ne sert à rien – se mentir sert
à se cacher le trou, se cacher qu’il n’y a
rien sous le mensonge: rien dans la main droite, rien dans la main gauche: tout
reste dans le dos, l’invisible sans lequel
on ne supporterait simplement pas
je ne supporte pas
et rien ne me supporte
devant, derrière, dessus dessous et en-dedans: rien
ne me sépare de la mort que l’acte stupide et héroïque de mourir – le seul acte possible le seul acte véritable, le seul pas
hors le mensonge

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