la cuisse en rade

  et par quoi on commence
  et par quoi on finit quand
  on sait même pas où
  c’ qu’on en est
  et qu’on sait plus y aller
  et qu’on y va pourtant
  et qu’on y va bon train
  qu’on y va droit nulle part

  alors on n’y va plus
  on n’ y va plus y aller
  on reste coi, chez soi si c’était à défaire
  avec nos morts
  mais nos morts, même morts
  ne savent plus nous
  rejoindre. ils nous ont tous perdus

  debout face à la glace
  je dessine mon portrait
  si le portrait s’anime
  je respire un peu mieux
  à bout portant et d’un seul trait
  si mon portrait me re-
  connait un peu, un tant soit peu

  et tant qu’elle vrille en l’air, la pièce, y a ni
  pile ni face qui vaillent
  ni mort ni vivant, ni chaise assise ni homme debout
  y a de la place que pour
  le vertige. et un peu la nausée
  un peu la nausée quand même

  il gobe l’air avec la mouche
  s’essuie la bouche quand la bouche part
  à vau l’eau
  il pond un vide, il pond un creux, et porte un sac
  en toile de jute
  pour le cas où
  pour le cas que

la cuisse en rade

Published by


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *