la pluie mange mon doudou

  j’apporte mon ennui. et toi dis-moi, qu’apportes-tu ?
  j’apporte mon ennui, ce vaste espace où t’accueillir, si vaste
  le reste je l’écarte. d’un revers de la main j’écarte tout le reste

  ma porte s’ouvre. malgré mon peu de bienveillance, ma porte s’ouvre
  à qui n’entrera pas, à qui se laissera
  pousser les ongles, les cheveux, n’éjaculera qu’au creux
  de son sommeil. c’est important le sommeil

  je m’approche de ta bouche jamais rien ne m’aurait prédestiné, ni même préparé à ça
  je m’approche de ta bouche donc et ta bouche fait de drôles de mimiques,
  émet de drôles de sons je sais pas trop comment interpréter tout ça il m’arrive moi-même, parfois,
  de faire de drôles de mimiques, d’émettre de drôles de sons

  tes cheveux font gratte les cheveux, c’est l’iode qui les différencie
  de la liane
  j’ai le cul tout mouillé, je sais plus où m’asseoir du coup, j’ai le cul tout mouillé
  je dois tenir debout

  la pitié sent les pieds, je me retourne
  de l’autre côté. on s’abrite la nuit tombée, sous un préau par exemple
  mourir n’est pas donné à tout le monde, s’entend-on dire en rêve

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