tu voudrais qu’on s’embrasse toujours sur la joue gauche, mais pas. tu voudrais qu’on s’embrasse
sur la chatte et l’au-delà, veuve de dieu
on s’asperge. d’air, d’excréments, coupures de souffle. on relâche les loups. on lui met la cuillère dans la gueule et on se dit mais putain, c’est maintenant, et maintenant seulement
qu’on n’est pas mort
une caresse sur la nuque, c’est peu. gratter le bleu du ciel, c’est peu. partir d’ici pour arriver là, c’est déjà trop. un chien n’aboie pas. tu lui déposeras
une gamelle d’eau
t’aurais tellement voulu faire l’amour or tu sais plus comment faire. t’as plus de sexe. et pourtant tu ne connais
d’autre preuve d’amour
mourir content, ou pas content. savoir quand s’arrêter. oublier de savoir. s’appuyer sur les coudes, voir ce qui se noie, quelle eau se noie
dans un verre d’eau
on ne meurt pas tous dans la même position. la position importe malgré tout. on change de position
on se caresse le bras. machinalement. on commence par ça
quand tu ne ressembles à rien, qui te ressemblera? tu te laisses tomber, réfléchissant au fait qu’il n’y a qu’un seul jour, faisant perpétuellement le tour du monde
et qui ne t’attend pas.

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