l’être ou la bourrique

  le sol est ce méchant homme ne dormant que d’un œil
  tandis que l’autre, je rôde hors-sol en demi-teinte où croise l’horizon, un minimum de beauté en contournant les marges…

  on s’échappe par la porte-fenêtre mais rien n’avance, seule recule la demeure
  continue la partie alors qu’on l’abandonne, comme on abandonne son chien, son maître ou à fortiori nous abandonne
  la chance, la pauvre chance…

  et les badauds
  s’en prenaient plein la gueule l’air de rien, tâche à présent d’y voir
  plus clair on pèsera plus tard l’impondérable de ne point être mort, le soupir chancelant ou c’est comme ça qu’on dit,
  l’âme en se masturbant…

  il fait de plus en plus chaud et j’ai tiré la courtine, j’ai baissé le rideau, récité ma leçon comme tu me l’as demandé, mais sur ma pierre tombale se
  brisera ta chanson, je t’aurais prévenue…

  fraternité moléculaire, on m’arrache un dent. le compte n’y est pas, le compte
  n’y fut jamais vraiment – seuls le décompte et le souffle rauque du déshérité m’ont fait comprendre qu’il ne s’agissait au fond ni de la mère, ni d’autant moins du père, mais du parfait étranger grimé en rafiot et juste parti
  faire un tour pis voilà

Published by


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *