dans le creux de l’hélice

  j’aurais pas forcément les deux mains contre toi, ventousées à tes seins ou perdant peu à peu
  l’instinct de vague, l’instinct de flou permettant sans bris ni fracas de passer d’une image à une autre, de survivre s’il n’est question que de survivre, de pire encore
  s’il reste encore quelque question après cela – l’humiliation plante ses griffes bien au-delà de l’orgueil et des appâts
  y correspondant

  comment voulez-vous qu’un simple pion fasse échec et mat au roi, se dit le roi, avant que de tomber
  si le fou va de travers c’est que le chemin le plus court d’un point à l’autre n’existe pas, évidemment
  ceci dit, moi qui ne suis rien, et que dieu donc ne prend pas la peine de réfuter, j’achète un parapluie sur le marché, pinaillant fermement pour savoir si c’est afin de se prémunir de la pluie, ou de lui suggérer de tomber, puisqu’il ne s’agit plus au final
  que de cela

  ta nuit augmente la vue. j’aurais beau jeu d’avoir tes yeux, qu’une nuit épouserait dans le délire des morts – et dieu sait le nombre de nos morts puisqu’il connaît, du moins en est-il sensé, le nom de chacun de nos morts
  dont nous sommes par ailleurs et ici-bas les vivants, respirant, inspirant, nous prosternant devant le malheureux, l’étranger et le sépia tout en
  nous tâtant les couilles

  j’ai toujours peur que tu m’embrasses, qu’une folie s’empare de toi et tu bafouilles une pauvre prière – tu n’ignores pas cependant
  que ça marche jamais ce genre de truc avec moi, que je porte la poisse, que même la police
  ne veut plus entendre parler de moi, de mes habitudes curieuses
  j’ai retiré l’os du cul – ainsi ai-je, et ainsi seulement, su que le vide était chantant

dans le creux de l'hélice

Published by


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *