j’me gratte la mort

  la pluie
  me sert de chien à la fenêtre
  et voilà gueule ouverte, le sang qui monte
  puis redescend
  cela s’est spiritualisé au point que
  plus rien n’a d’importance

  on s’embrasse à pleine bouche
  on recrache nos dents
  je ne veux rien savoir, de qui je suis ni du pourquoi
  je me sens seulement mais tellement
  indigne de mourir

  c’est la rupture
  entre l’amour, ses fluides déjections c’est la rupture – entre
  la mer et le poisson, l’homme et l’idée qu’il s’en fait
  il tombe : c’est la seule manière qu’il ait trouvé de
  ne ps se mentir tout à fait

  n’ayant plus d’histoires à
  se raconter, cœur défrisé
  il n’y a pas qu’un trou dans la vie, il y a tout ce qui borde ce trou, aussi
  – ce vertige, cette nausée
  ces fleurs attifant une tombe
  ce plastique-là

  néant fait place nette
  j’abrite un jardin
  un tout petit jardin
  je lui cherche un rose
  mais n’y trouve que chardons…

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