plus tendre le millet

  les hommes sont des mourants. laisse-leur les bottes, un jeu de cartes usées. ou une montre en main qui leur indique le nord, toujours le nord

  ce n’est pas seulement l’amour qui pèse ainsi. s’y ajoute en effet tout ce qui se passe à côté: vitres fêlées, portes claquées… on s’embrouille l’esprit avec les e-mails du matin, et le clarifie avec le café d’la veille

  les vivants comment dire, cassent la croûte sur un banc. cela se voit parfois. d’ailleurs on y pense souvent. se cassent les dents sur du vent. et puis d’autres fois ils se contentent de fumer un peu d’herbe. ça les rend moins jaloux

  je me suis baissé pour défaire mon lacet, ou je faisais semblant. j’espérais apercevoir quelque chose s’envoler un peu plus loin. ou la marée monter, un peu plus près. mais rien: pas un pou, pas une grue en vue

  chaque jour accouche d’une montagne dont il faut débouler. un sommet qui s’effondre, alors on dégringole. on a l’habitude maintenant, on gère le stress. on anticipe le pire

  elle clope toute la journée, elle se lave plus les dents. ça lui fait les dents un peu jaunes. un peu plus jaunes avec le temps. les dents jaunissent avec le temps

plus tendre le millet

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