plane, la rigueur

  l’ancêtre qui marche ne dit rien. il s’enfonce en un bois peu profond, s’agissant de l’impénétrabilité de l’être

  c’est la joie d’être, l’esprit qui s’émerveille. un jour tu fais
  le tour dans un sens, un autre jour en sens
  inverse, sans jamais être sûr toutefois de retrouver le point initial
  de ta matière, de ton élan

  l’ombre qui passe sur toi ne t’efface pas tout à fait. disons qu’elle te répare, qu’elle neutralise la pesanteur, une certaine
  idée que l’on se fait de soi, à contre courant de la fille en nous nue, ou notre plus intime
  conviction

  chacun prend son chemin
  chacun prend son chemin où il veut et l’abandonne un peu plus loin, en terrain boueux ou sur lit de caillasse
  chacun se déshabille, comme il peut, armé d’un ongle dont la magie
  ne fonctionne plus

  rien ne me lasse. ex-traire de l’ombre épaisse une grêle
  et bien aigre lumière. baisser le ton hausser la vue – oui, non: arrêter de penser, battre les bras à la figure du vide
  et commencer à planer planant planeur, esprit fluide suis-je là?

plane, la rigueur

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