un seul survit au loup

  je me suis demandé pourquoi comment j’étais encore toujours vivant
  ne sachant pas m’y prendre pour être mort
  le gène de la maltraitance
  rivé aux couilles

  un chien ne me parle pas. un chien
  ne me regarde pas. je n’ose même pas mon nom, un nom
  au bout de mon angoisse, au bout de mon émotion, il n’y a
  rien

  cette ahurissante liberté
  mais dénuée du moindre sentiment de liberté
  j’ai un mal d’homme à être un homme, ne sachant ni ne pouvant
  être rien d’autre que cela, mort sans audace

  toute la bonté et même si on pisse à côté toute la bonté
  de l’homme en travers toi, une idée sans ciller, toute
  la bonté de l’homme, et à ses pieds, l’homme à ses pieds, ses pieds
  trempés

  et pourquoi qu’on m’a fait ci, et pourquoi qu’on m’a fait ça
  qu’on m’a rien fait
  je regarde devant: devant
  me regarde, sans que nos regards jamais
  ne se croisent

  c’est la vie et c’est comme ça, la mort
  c’est la mort et c’est comme ça, j’arrive
  j’arrive – enfin… pas vraiment
  c’est comme ça et j’arrive pas

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