quelqu’un ou quelque chose

  on pense devenir un homme, on ne fait
  que pondre un vide, encore du vide, un cure-dent bien en vue
  au centre de la pièce. mais que croyais-tu donc – qu’un destin
  t’attendait, qui t’aurait pris la main en écartant les poils pour que
  tu jouisses dedans?

  déjà nous ne rêvions plus que les quinze du mois
  une jambe repliée et l’autre ballante, à repousser le courant
  nous taraudait l’idée d’une intimité fondant comme neige sur le gland
  s’il restait un espoir, l’espoir ne savait plus de quoi…

  à quelque chose près – une ombre sur le mollet, un cheveu sur la langue…
  s’amincissent les causes et les motifs du mouvement
  en dur, et en cadence, le pied s’enfonce dans le pas
  s’il n’y rencontre un mur, il en défoncera l’image

  j’ai pied au fond, toujours au fond, et le fond tout au bord
  pris de vertige, épris de nausée pure
  je reviens de vacances juste pour me faire clouer
  à la porte des granges, tatouer
  aux mamelles des anges…

  quelqu’un chante à ma porte, griffant le lobe de ma conscience en déshérence.
  je ne me résous pas à ÇA, quoi que l’on mette derrière ÇA, devant ÇA je ne simule plus
  l’orgasme ni l’amère grimace, quelque chose m’éradique
  de mon propre visage – un vent mauvais, un clou
  borgne, comme son nom l’indique sur la liste des supplices mentionnés
  au dos du médicament

  avec acharnement, et guère plus de lumière, ai-je mené ma barque à l’abreuvoir
  une corde de violon en guise de racine, sur laquelle affûter cette farouche mélancolie
  qui enfonce le pouce de l’enfant jusqu’au fond de sa gorge et étouffe ses rêves
  tant qu’ils sont encore tièdes…

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