dormir tranquille dormir fusille

  j’ai travaillé, t’as travaillé, j’ai travaillé longtemps, toujours pour un résultat nul. le travail m’a brisé les os alors je n’ai jamais de ma vie ni de ma mort, travaillé ni ne
  travaillerai, de ma vie comme de ma mort

  le temps que j’ai vécu je le revivrai comme ça. dieu a pitié de moi et j’ai pitié de dieu – la pitié reste une histoire
  entre nous, comme une histoire d’amour, une histoire d’amour sans tricher

  je ne sais plus comment on y fait pour ne pas mourir. sans doute m’y suis-je mal pris, sans doute ai-je voulu serrer contre moi quelque chose de plus consistant
  que mon ombre, une ombre plus épaisse…

  une petite fleur va mal. alors on piétine une petite fleur. on pisse sur une petite fleur. on chie sur une petite fleur. je ne sais plus dans quel ordre. on aime d’un amour qui nous aimerait sûrement de retour si seulement il
  savait nous situer

  ainsi soit-il trois poils pas ci, ainsi soit-il trois poils par là, j’ai du mal à y croire mais toute la vie, toute la vie finit dans ce trou. et ce trou qui ne ressemble rien se concentre à fond sur la résurrection, un genre de résurrection comme une émergence dans la sécurité permanente
  ou la lumière transparente

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