mauvais départ et happy end

  on n’sait pas. on n’sait pas qui navigue, ni de quel bord
  on meurt avec ce qu’on a : nos faux-cils nos tarots, nos clous nos
  intimes contradictions
  et d’ailleurs on n’meurt pas

  et puis plus rien. comme s’il n’y avait exactement
  plus rien
  la lumière en son sein
  moi je m’en fous après tout, pour nulle autre raison que
  moi je m’en fous, subissant l’attrait perfide d’une vacance
  définitive et hors-saison

  j’avance la corde retroussée. on pourrait se dire je t’aime, pour une fois
  remballer sa tombe dans son slip, pour une fois
  mélanger le noir et le blanc, ou au moins le gris et le gris, se dire
  qu’on n’a rien vu, rien compris, gentil coquelicot

  étrange liberté que celle au bout du désespoir, petites couilles frileuses
  je me suis rangé là, entre zéro et l’infini, profondément des-
  tabilisé. tout ment
  la vérité ment
  vider mes poches. toutes mes poches

  la nuit au moins rien ne m’astreint, côté pile
  côté pôle tout redevient comme avant, peine perdue
  on se prend pour l’incomestible, voire parfois pour le ver
  – n’est que lumière
  même éteinte

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