à rebours desquelles

  soulève l’intime
  ramasse ce qui tomba là jadis, mine écœurée et qui refuse
  de faire surface, faut dire que la surface
  s’est elle-même noyée, engluée
  dans le courant figé, tiroir à fonds multiples, et dans la gorge nouée
  des sirènes, on a ceci dit
  du désosser l’poisson

  que sait la feuille
  de la racine? pas plus
  que celle-ci d’un nuage flottant, je suppose…
  et mon doigt forniquait, forniquait, toujours dans le sens
  du néant je suppose…
  tant de salive bavée, d’un secret divulgué,
  giclée par-dessus bord à la face
  des morts, je suppose…

  tout le désespoir que suggère l’idée-même de dieu, et qu’on a du mettre au lit…
  faut quand même pas se mettre à pleurer si notre montre déraille et manque l’heure,
  si nos aiguilles désaimantées sèment les faux pas d’un tango malhabile
  – et le reste du temps naviguant
  entre deux chaises vides…

  des fois je me dis mais d’où ce ciel gris, si gris qu’il s’en repaît, des fois je me dis
  quel est le sens de ces puits inversés, de ces éveils fortuits…
  je ne sais plus que couper – la gorge, les couilles ou le cordon
  laissant là tout un dieu orphelin
  tandis que toi de ton côté tu pleurais quelque chose ou quelqu’un, je continuais du mien, bon gré mal gré,
  à n’y être pour rien…

  il ressuscita trois fois par jour, puis se dit que le temps était venu
  de passer à autre chose.
  or un arbre en cache un autre: il s’agit la plupart du temps d’un seul et même arbre d’ailleurs.
  du coup il ne pleure plus, se contentant de compter, recompter sur ses doigts
  les occasions manquées, à rebours desquelles…

à rebours desquelles

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