un homme n’est homme que debout maintenant c’est un peu compliqué
on traite un chien de chien on lui balance des croquettes il n’y a pas
de mort digne, qui nous consolerait de l’absence
de résurrection, et j’en passe
mourir exige de renoncer à tout, mûr pour le four
je n’ai nul besoin de toi, dieu – je ne peux juste pas me retenir d’aimer
pour rien. même pas. sachant que moins que rien font déjà plus que rien
ou à peu près
la perte voilà la perte, ça ne finira donc jamais
se retrouver là nu face au néant et attendre, attendre parce que rien
et faire n’importe quoi, parce que n’importe quoi
l’éternité me manque, tout autant au moins que le présent, on s’appelle comme on peut
parfois on ne peut pas
alors on se trompe de nom, de voix
on ne résonne pas
on s’embrasse par millions
quoi qu’il en soit entre moi et soi on s’appelle comme ça
on s’appelle comme ci
on n’y comprend rien, aucune utilité cependant à ce qu’on
y comprenne quoi que ce soit – c’est comme vivre hors soi
hors sol
hors sujet
quoi que je sois, qui que je suis
on ne meurt pas on tombe là par hasard, ce qui ne veut rien dire
parfois ça saigne du nez, parfois rien du tout
on s’aimera, tu verras
tu verras qu’on s’aimera
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