comment je m’appelle c’est un pont
et rien d’autre que ça
comment j’ignore, comment je sais
que j’ignore, ivre des bontés virtuelles
peut-être après tout
un ponton
je ne suis pas ma maladie, mais l’écart
entre la maladie et moi, où rôde
une cigarette
un arrêt de car
un arrêt de car fera l’affaire
je n’ai pas d’animal durant
pas de poils
durant les froids d’hiver
un caillou, au ras d’un
ricochet il y a là, ou pas, ou là
matière à
réflexion
peu de neige
cette année peu de neige
de la boue oui, ça, de la boue
mais peu de neige
un peu avant… quoique après…
j’attends avec frénésie
la chute
tu t’apprêtes à faire un bond mais tu fais rien
de côté, du côté où
le côté blesse
éperdument
c’est un vide éperdu, une claque
tu fais rien, je n’habite pas
chez toi, dis-tu, tu dis
je fais rien, j’habite
une autre maison, un autre quartier, sans toit
sans toit
une maison sans toit
à part soi quelle pitié
accrochée à la misère, elle rit
c’est pas urgent, c’est pas la soupe, le flop-
flop des heures vacantes, elle rit de frêles éclats
cloque de vivre

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