des pleines bourrasques, des gueules d’eau fraîche…

  sans foi ni loi imagine
  à quel point cela est triste. sans illusion
  au sujet de notre aptitude
  à tromper l’illusion, à troubler l’eau
  d’une poignée de sable
  d’un geste de sable
  un geste épars. ça n’en vaut pas
  la peine

  je me raye de partout
  je voudrais te dire adieu si adieu n’avait pas
  ce goût de caillou
  cette semelle impaire.
  depuis dimanche je ne sais
  plus qui je suis, poubelle dortoir, le ventre
  dépotoir. plus tard j’ignore ce que je
  suis devenu, d’un simple trait

  cette immensité nue il va bien falloir
  la violer, d’une façon
  ou d’une autre. d’un pas tendu
  d’un glissement de lèvres
  ou d’une trace assise enfoncée jusqu’aux nues.
  en redescendre aussi, même
  si c’est pas permis

  je ne soutiens rien: j’aspire
  à la grande ourse et ça y est, quelque chose en moi
  se remet à saigner, qui coule par le nez. je me
  remets à saigner, d’un saignement
  de nez, d’aller se promener.
  d’en revenir
  mouillé…

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