j’avance d’un pion tu recules
en zigzag, tu en regardes un autre, ses sales tours de magie, tu penses
ou tu ne penses pas que la vie est cet homme ivre
qui tombe debout, qui s’traîne à terre, la vie ouïs-je dire
ça nique sa teub, ça te dit nue quand à court d’argument tu re-
tiens fort ton souffle, tétanisée
ça continue
a s’appeler comme ça, à se dire prom’nons-nous, à l’entour
mais au fond rien ne chante, rien ne
frémit dans l’interdance – le mort est mort vive le mort, vive ou crève celui pour lequel
il n’est
plus de mort
la nuit demeure la nuit, et imprègne un peu plus
entre l’être et l’idée qu’on s’en fait l’écart où l’on s’engouffre, un destin
nous menace, j’embrasse le vide le vide
ne répond pas à mon baiser c’est à ça qu’on le
reconnaît vide
je me marche dessus, je ne l’évite pas sublime port, je m’écrase comme une merde,
patate chaude
une femme touchée ne protège plus de rien, un homme tombant
ne tient plus à sa cane, ni à ses pieds il n’en a plus besoin
effectivement
tu me relèves, tu me dis bon, allez, viens
toutes les promesses que je n’ai pas tenues, ne même
pas mériter dieu, ma vie se creuse
de plus en plus morte, avec une virgule ci et là,
pesant à peine, infléchissant
l’inéquilibre

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