l’absence d’aumône

   j’arrivais sans dessus
  dessous
  je m’imaginais quoi – mourir
  debout?
  je m’imaginais, c’est tout

  on n’ s’aime pas
  c’est clair, c’est net: on n’ s’aime pas
  nous sommes un monde
  hors poésie
  ça nous arrive aussi
  (et quand la marée tombe)
  d’en rire

  chien vegan et nique ta lope
  je ne me souviens pas du nom
  qui délivre
  de tout le mal
  et tous les hommes avec acharnement, se masturbant face au
  déni d’orgasme
  éjaculant leur mort
  et leur mort
  et leur mort…

  le présent
  nous efface, roulant à vide – ton pull
  de la laine à bouffer, ta bouche
  une banque à sperme, ta tombe
  l’endroit où je pleure
  et agonise
  coulant à pic

  mon chien ne s’appelle pas
  ma vie ne mord pas
  mon sommeil
  ne se rattrape pas
  on s’endort quelque part
  quelque part
  nous veille

  j’adore du bruit la fureur animée
  ce n’est pas la mort qui me fait peur, ni
  ultimement
  le non-sens
  mais tout simplement l’absence
  d’aumône…

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