je suis un étendu
un étendu
sur la colline aux morts
ou si j’avance, j’avance comme ça
à contre-sens, dans le sens de
l’urgence d’un présent
totalitaire quoique strictement
confidentiel
je n’ai vu que mort devant
toujours devant
mais pas dedans
et quand dedans, j’ai su qu’un autre jour
irrépressible, inextinguible
là c’est pas moi qui rêve, c’est pas moi qui
un autre jour j’ai vu, là
au tout-dedans
il faut en arriver là
où il n’y a plus le choix, c’est pas
sauter de la falaise qui nous donnera des ailes, mais les ailes
qui creuseront les chutes, je me suis dit
pour me donner du courage
tant j’ai peur
trop peur pour ne pas rejaillir, trop peur
pour ne pas
sauter sans ailes
les hommes qui tombent, les hommes qui pensent
à autre chose quand autre chose
se pense homme, et chancelle
sur un sol désormais
si fragile (nous marchons
sur des poules…)
et j’en meurs pas
j’en dis oui mais oui, moi c’que j’en dis…
on n’en sort pas
et on n’y entre pas non plus
on reste dehors, bien enfermé dehors
hermétiquement hors
on baise les dents jusqu’à l’éclat, on s’tire la queue c’est qui l’pompon, on s’pend
au plafond le plus bas
on s’pend à g’noux

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