morituri te
salutant et rien du tout, le satori
mélancolique, la verge cathodique, je n’en fais pas exprès – je bats
des jambes en l’air, je bats
des pieds en vain, je brasse
de l’air
je n’en fais pas exprès j’embrasse ta nuque
tes ch’veux
ton foulard enrhumé
si je me retourne pouf, tu disparais et si je me retourne pas pouf,
t’existe pas – j’suis mal,
j’ t’assure j’
suis mal
cela ne me soulage pas, pire: cela ne me
fait même pas mal, j’abhorre ton g’nou
calleux, glisseux, je mets pas tes ch’mises
vu que tes ch’mises elles me vont pas
les hommes sont incroyables
les femmes sont incroyables
toute chose est incroyable
je sais plus qu’en penser
toutes ces petites buées, ces fleurs intestinales
j’ai posé le doigt du hasard sur la carte et j’ai dit là, c’est chez moi
j’ai glissé le doigt du désir sur ton corps et j’ai dit là, c’est là qu’on jouit
j’ai tendu le doigt n’importe où et j’ai dit est-ce quoi, est-ce soi
le sens du vent au terme de
la mort, la mienne
ou la tienne
c’est si fragile une lueur, ça tremblote ça clignote
on se souvient de rien, c’est ainsi, on se souvient quand même, agrippé à l’espoir
tant qu’on ignore dieu on espère, et puis après
on fait comme si
on fait comme ça
n’importe quoi
ce que j’aime en vous ce sont les dragées hurlantes
en plein cul, je veux dire en plein ciel, ce tout petit petit
ciel de rien du tout, infini miniature, ce doigt que l’on retire
pour se sentir tout vide, tout plein de vide, et si seul
en nature SDF
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